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Natalité française : danger ?

Les personnels de santé, fierté et force de notre paysLa France s’est longtemps distinguée par la vigueur de sa natalité, qui contraste singulièrement avec le pessimisme des Français concernant l’avenir. Cette situation est-elle en train de changer ?

On pourrait le croire en consultant les dernières statistiques de l’INSEE concernant notre natalité et notre taux de  « fécondité » des femmes. En effet, le nombre de naissances ne cesse de diminuer  depuis 2010 : 833 000 à cette date et 753 000 en 2019.Quant au taux de fécondité des femmes, il était de 2,03 en 2010, et il n’est plus que de 1,87 en 2019. Certains « experts » en profitent pour signaler que cette baisse est due à la politique de François Hollande qui n’a cessé, au cours de son quinquennat, d’abaisser les plafonds des bénéfices  du quotient familial et qui a diminué les allocations familiales pour les plus favorisés.

Peut-être convient-il d’être plus circonspect : il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions de cette évolution. En effet, ce n’est pas la première fois que cette évolution se produit : elle a été exactement identique entre 1982 et 1992, puisque le nombre des naissances est passé entre ces deux dates de 825 000 à 740 000. A partir de 1992, allez savoir pourquoi, le nombre de naissances est remonté, passant de 740 000 à 833 000 en 2010. La question qui se pose à nous aujourd’hui est donc simple : le nombre de naissances et notre taux de fécondité des femmes vont-t-ils continuer à baisser, ou bien va-t-il, comme à partir de 1992, recommencer à augmenter ? Il faudra quelques années de recul supplémentaire pour savoir si notre natalité est réellement en danger.

 

Quoi qu’il en soit, la France est aujourd’hui un des rares pays développés où le taux de fécondité des femmes reste relativement élevé. Ce taux baisse partout, y compris dans les pays pauvres, à l’exception notable de l’Afrique Subsaharienne, avec une moyenne mondiale qui était de 5 dans les années 1960, et qui est aujourd’hui inférieur à 2,5.  La plupart des pays développés ont un taux inférieur au nôtre (Amérique du Nord : 1,7 ; Union Européenne : 1,6 ; Japon : 1,4). Le problème est donc de savoir si, dans les années qui viennent, nous rejoindrons la moyenne des pays de l’OCDE (1,7), voire celle de l’Europe de l’Est et des pays baltes (1,5),  ou si un sursaut se produira. Notons enfin que le seul pays développé dont le taux de fécondité reste très élevé est Israël : 3,1.

 

Pierre le Roy, Avril 2020

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Derniers ouvrages parus :

-  Histoire de l’agriculture française de 1867 à nos jours (SAF Agr’Idées, 2017)

- La famine vaincue ? (Éditions France Agricole, 2019)

- Engie, de la Compagnie de Suez (1868) à nos jours, (Economica, 2020)